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La Marne
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  • La Marne, une victoire de l’aviation ?


La retraite puis l’offensive sur les positions de la Marne (septembre 1914) a permis d’arrêter l’invasion allemande.
On connaît les fameux « taxis de la Marne », mais le rôle de l’aviation dans l’arrêt de l’invasion allemande est tout aussi décisif.

Dans cet arrêt l’aviation a joué sa carte en signalant à plusieurs reprises les mouvements des troupes allemandes.

Le caporal Breguet, sur un prototype de sa marque, a offert ses services au général Gallieni (Gouverneur de Paris), qui s'inquiète de l'avance des Allemands vers Paris; de ses missions (équipage Lieutenant observateur Watteau, pilote sergent Bréguet), il rapportera le 2 septembre des renseignements sur le changement de direction de l'armée de Von Kluck qui devait contourner Paris par le nord pour l'encercler, selon le fameux plan Schlieffen;une forte colonne d'infanterie allemande est repérée au Nord de la forêt d'Ermenonville, les villages de Montlognon, Mont-l'Evêque, Fontaine sont en feu. Voilà que Von Kluck oblique vers le sud-est, à l'est de Paris et défile ainsi présentant son flanc mal protégé aux troupes françaises; manœuvres audacieuses visant à éliminer le corps expéditionnaire britannique et à surprendre les Français en retraite.
En même temps, le capitaine Bellenger, commandant l'aviation de la VIème armée du général Maunoury et qui dispose de deux escadrilles (REP 15 et MF 16) décèle, dès le 2 septembre, le changement de direction de l'armée de Von Kluck. Mais le commandant du 2ème bureau, qui possède, depuis le 27 août grâce à nos services secrets, les ordres donnés à Von Kluck, ne veut pas croire les rapports qu'on lui fait.

Les aviateurs confirment le mouvement le 3 septembre: une reconnaissance du Lieutenant de Ruppière (avion de la VI°Armée) distingue des éléments allemands en colonne sur la route Senlis-Orry-la-Ville et des éléments d'infanterie et de l'artillerie dans le village d'Orry-la-Ville. Bellenger ne peut convaincre ni le commandant du 2ème bureau, ni le chef d'état-major; il a plus d'échos auprès des officiers de liaison du général Gallieni et du général britannique French qui avertissent leur chef.
Ce n'est que le 4 à midi que Gallieni, voyant confirmées les observations de Breguet, donne des ordres à Maunoury pour se tenir prêt à marcher à l'est. La victoire de la Marne fait donc éclater de manière irréfutable les services que peut rendre l'aviation pour éclairer le commandement...

« Le 2 septembre, je m'installe au nord d'Écouen, près du P. C. de l'armée. Mes reconnaissances montrent de façon évidente que le gros des Allemands a franchi l'Oise à Verberie et en amont, en direction du sud-est, mais, en fin de marche, leurs têtes de colonne sont orientées au sud, vers Paris. Le commandant D., qui connaît par le G. Q. G. la directive du 27 août dirigeant Kluck vers la basse Seine, refuse de me croire et m'ordonne d'explorer la zone à l'ouest de l'Oise (Mantes-Beauvais), où il est sûr que se trouvent les Allemands ... Le 3 au matin, en dépit de cette affirmation, renouvelée par le 2e bureau, je persiste à doubler les reconnaissances demandées par d'autres lancées vers l'est. La REP 15 me rend compte qu'une colonne allemande, venant de Senlis, arrive à Orry-la-Ville, mais la MF 16 me confirme que les colonnes de Kluck filent vers le sud-est et que les routes allant de Crépy-en-Valois et de Senlis vers Nanteuil-le-Haudoin et à l'est sont encombrées de troupes et de parcs. Il ne peut plus être question d'une attaque sérieuse sur Paris. Je saute en auto avec mes équipages chez D., qui, une fois de plus, se refuse à accorder foi à leurs témoignages. Même attitude du chef d'état-major ...
Estimant n'avoir pas le droit de laisser ignorer un changement si important de l'aile droite allemande, je guette en vain l'arrivée de Gallieni et de Maunoury, et offre mon information à qui veut l'entendre : c'est le cas des officiers de liaison de French et de Gallieni, qui avertissent aussitôt leurs chefs ... Morne matinée le 4 septembre: mes équipages, découragés, exécutent sans entrain leur mission et je n'ose plus dépasser les ordres reçus. Vers midi, coup de théâtre: tout change... Maunoury reçoit de Gallieni l'ordre de se tenir prêt à marcher à l'est, et moi celui de " reconnaître en direction de Château-Thierry ". La nouvelle épanouit le visage de mes aviateurs, qui, repartant cette fois pleins de confiance, vérifient que les avant-gardes de Kluck sont au sud de la Marne ... La menace sur Paris est écartée et mon personnel jubile... "
Lieutenant-colonel BELLENGER.

(D.:=commandant Dutilleul)


Emile Prot, Escadrille MF 16

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